.: Un peu d’histoire :.

[ Sinucello della Rocca di Giudice de Cinarca ]

 

 

Dans l’histoire mouvementée de la Corse au Moyen Age, marquée par les rivalités d’hégémonie entre Pise et Gênes qui, chacune cherchaient à se rallier les principaux seigneurs de l’îles, les comtes de Cinarca (les Cinarchesi) ont joué un rôle prépondérant.

 

Parmi eux les plus célèbre furent : Arrigo della Roca, Vincentello d’Istria, Gian-Paolo et Raffé de Leca et surtout Giudice de Cinarca. Descendant du légendaire Ugo Colonna, les seigneurs de Cinarca étendirent progressivement leur autorité à toute la Corse du Sud-Ouest (L’au-delà-des-Monts) jusqu'à Bonifacio. Leur titre de comtes ne leur venait pas d’un droit ancestral mais du suffrage populaire. Divisés en clans opposés par des intérêts privés, partisans de Pise ou de Gênes, ils s’affrontaient continuellement dans des luttes sans merci. Ainsi Guglielmo de Cinarca, favorable à Pise, fut assassiné par ses propres neveux qui s’approprièrent ses biens. Mais il laissait un fils : Sinucello della Rocca.

 

Le premier « Heros national » Corse – Sinucello della Rocca di Giudice de Cinarca.

 

Né en 1221 au château de la Rocca à Olmeto, Sinucello fut élevé à Pise. Dès  qu’il eût l’âge de porter des armes, il s’engagea dans l’armée Pisane et s’y couvrit de gloire. En 1425, Pise l’envoya en Corse avec deux galères et quelques troupes en lui donnant le titre de "Giudice" (juge).  Ce titre, hérité de l’administration byzantine, était porté en Sardaigne et en Corse par certains magistrats pisans. Sa rentrée en Corse ligua toute l’île contre lui, les partisans de Gênes comme ceux de Pise. Sinucello dut se retirer dans les montagnes prés de Ouenza où il acquit rapidement une grande notoriété : "il s’attribuait l’autorité d’un vrai Giudice et l’exerçait avec une justice rigoureuse", rapporte un chroniqueur. Dès lors, Sinucello ne fut plus connu que sous le nom de Giudice.

 

Très vite il reprit une à une les places fortes de l’Au Delà des Monts et, en 1250, avait soumis l’île, à l’exception de Bonifacio et du Cap Corse. En 1258 Giudice se rallia à Gênes mais en 1280 il se brouilla avec elle et se déclara de nouveau vassal de Pise. Or, le 6 août 1284, Pise et Gênes, se livraient, au large de Livourne, la bataille de la Meloria. Pise, vaincue, ne s’en releva pas : elle renonça à tous ses droits sur l’île. Le paladin Corse négocia alors avec Gênes et reconnu sa suzeraineté. Mais, en 1920, il reprit la lutte contre elle et devint le maître de l’île.

 

Dès lors, il "s’appliqua à donner la paix à la Corse et à la gouverner avec modération et justice", écrit le chroniqueur Ceccaldi. Excellent organisateur, Giudice mit en place une administration et un système fiscal, limita le pouvoir des seigneurs et tenta de faire régner la justice en établissant des tribunaux. Avide de paix le peuple lui en fut reconnaissant. Mais ses volte-face lui avaient fait des ennemis et, en 1299, Gênes et Pise réconciliées réclamèrent son bannissement.

   

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